Il y a un mois les mondial de fléchettes se terminaient: du jeudi 11 décembre 2025 au samedi 3 janvier 2026, l’Alexandra Palace de Londres a réuni 128 joueurs de fléchettes entre ses murs lors du championnat du monde de cette même discipline. La compétition a conquis toutes les catégories d’âge autant du côté des joueurs que de celui des supporters, rassemblant plus de deux millions de téléspectateurs, dont 400 000 sur la chaîne française L’Équipe.

Noa Ségault
11 févr. 2026
La renaissance des fléchettes
Si, dans les années 80, les fléchettes se jouaient principalement dans l’ombre de petits pubs anglais, elle est passée à la lumière des projecteurs de grandes salles ces dernières années. Dans la décennie 80, la discipline se déroule dans une Angleterre populaire qui a vu naître des légendes comme Jocky Wilson ou encore Eric Bristow.
Dans un contraste total, les fléchettes connaissent une seconde jeunesse, avec le phénomène Luke Littler, seulement âgé de 16 ans, qui bat tous les records et tous ses adversaires. Une rigueur quasi athlétique s’installe ainsi dans la compétition, même si cette dernière reste mêlée à une ambiance festive et conviviale.
« Luke the Nuke »

Cette seconde effervescence des fléchettes naît de la nouvelle génération des joueurs, tels que Gian Van Veen ou encore Luke Littler, ce dernier alors seulement âgé de 16 ans lors de sa première finale dans une compétition mondiale télévisée. À 17 ans, il gagne le championnat du monde, devenant ainsi le plus jeune champion du monde. Son palmarès ne s’arrête pas là : il devient le 4ème joueur à l'être pour la deuxième année consécutive ; un exploit inédit depuis 10 ans.
Si la compétition de fléchettes semble renaître avec Littler, ce n’est pas anodin : Luke Littler est né avec une fléchette à la main. À 18 mois, il était déjà photographié, une fléchette en main. À 6 ans, il réussit son premier « 180 » (un triple « triple 20 »). À 13 ans, il réalise son premier nine-darter (coup parfait). Ce prodige impressionne, challenge les plus grands, mais surtout attire les curieux à s’immiscer, ne serait-ce qu’un instant, au monde des fléchettes.
Quand le déguisement devient l’uniforme du supporter
En simplifiant l’accès à la compréhension du jeu par une mise en scène immersive et des explications claires, la fédération a su élargir son public, tout en instaurant une ambiance de festival.
Si vous arrivez en tenue civile à l’Alexandra Palace, vous risqueriez de susciter quelques regards inquisiteurs. Ici, la norme est aux déguisements de Mario, des Schtroumpfs ou encore des Saint Patrick.
Entre deux gorgées de pinte, on retient son souffle devant les lancers des joueurs, qui, s’ils réalisent un coup parfait, peuvent faire gagner 60 000£ à un spectateur tiré au sort.
À cette ambiance carnavalesque se mêle celle du catch américain, avec les entrées des joueurs faites depuis la foule, sous des hymnes rock ou pop, portés par des surnoms scandés par les supporters.
L’ancrage d’une discipline majeure
L'effervescence observée durant ce championnat du monde 2025-2026 marque un tournant définitif pour le monde des fléchettes. Ce qui pouvait encore passer pour une curiosité culturelle il y a quelques années s'est désormais imposé comme un rendez-vous incontournable du calendrier sportif hivernal. L'ascension de Luke Littler, loin d'être un épiphénomène médiatique, symbolise le rajeunissement d'une audience et la professionnalisation accrue d'une discipline qui a su marier l'exigence technique au divertissement de masse.







