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Quand l’intelligence artificielle inspire la haute couture

La haute couture a toujours été un art de l’exclusivité, de l’excellence et du savoir-faire. Mais depuis quelques années, un nouvel acteur fait son entrée dans les ateliers et sur les podiums : l’intelligence artificielle. Loin d’être un simple outil, elle devient partenaire de création, muse numérique et catalyseur d’imaginaire. Les maisons de luxe explorent ces technologies pour réinventer formes, textures et scénographies, comme l’ont montré les dernières Fashion Weeks à Paris et à New York.

Image générée par Chatgpt

Jessim Cherfi

28 janv. 2026

L’IA, muse numérique des créateurs


Courtesy of Creative Commons / PRÉMIUM PARIS
Courtesy of Creative Commons / PRÉMIUM PARIS

En coulisses, l’IA devient un véritable assistant créatif. Lors de la Fashion Week de Paris 2025, certaines maisons ont présenté des collections dont les premières esquisses avaient été inspirées par des systèmes génératifs. Plutôt que de remplacer le designer, l’IA propose des combinaisons inédites de couleurs, de formes ou de motifs, que le créateur peut adapter ou transformer.



HeyGen, par exemple, permet de générer des images de référence à partir de simples descriptions textuelles. Un designer peut ainsi explorer plusieurs variations d’une même idée en quelques minutes, chose qui aurait pris des jours ou des semaines à réaliser à la main. En 2024, FedGAI, un système collaboratif, a même permis à plusieurs créateurs de fusionner leurs styles pour créer des esquisses hybrides inédites, démontrant que l’IA peut être un outil de co-création plutôt qu’un simple générateur automatique.


L’IA au cœur des défilés et des scénographies


Sur les podiums, l’IA dépasse le stade de l’outil et devient un élément du spectacle. À la Paris Fashion Week 2024, Balenciaga a utilisé des écrans LED pour projeter des visuels générés par IA, créant un dialogue entre les mannequins et un décor numérique immersif. Les spectateurs se trouvaient plongés dans un univers à la fois futuriste et poétique, où l’écran et le tissu se mêlaient harmonieusement.



Aux États-Unis, la Fashion Week IA organisée par Maison Meta en 2023 a présenté plus de 400 collections conçues intégralement avec des systèmes génératifs. Certaines de ces créations ont été transformées en vêtements réels disponibles en ligne, démontrant la possibilité de passer du virtuel au tangible.


À Paris, la start-up FabriX a installé un kiosque interactif permettant aux visiteurs d’essayer virtuellement des pièces imaginaires. Les utilisateurs pouvaient combiner différents éléments, tester des textures ou des couleurs et visualiser le résultat sur un avatar.



L’IA et la recomposition de l’imaginaire haute couture




Bennett Miller, Untitled, 2024, impression de pigments d’après une image générée par l’IA. Courtesy of Gagosian
Bennett Miller, Untitled, 2024, impression de pigments d’après une image générée par l’IA. Courtesy of Gagosian

Au-delà des croquis et des podiums, l’IA contribue à renouveler l’esthétique de la haute couture. En 2025, la galerie Gagosian à Paris a présenté une exposition d’œuvres visuelles créées par IA en collaboration avec le cinéaste Bennett Miller. Les images, à la fois monochromes et futuristes, dialoguaient avec l’artisanat traditionnel et invitaient le spectateur à repenser les frontières entre technologie et créativité.



Parallèlement, des bases de données comme FLORA, lancées en 2024, regroupent des milliers de croquis, de textures et de vocabulaire stylistique pour entraîner des systèmes génératifs capables de reproduire l’esprit d’une maison de couture. Cette technologie permet de générer des formes et des motifs originaux tout en respectant les codes du luxe.



Ainsi, l’IA devient un instrument de l’imaginaire, capable de proposer des univers visuels inédits qui enrichissent le langage esthétique des designers. Elle ne remplace pas la main de l’artisan, mais élargit considérablement les horizons de la création.


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