Né à Rouen dans une famille d’origine algérienne, Rilès Kacimi s’est fait connaître grâce à son univers musical unique, mélangeant rap, chant et influences internationales. Aujourd’hui, plus qu’un simple rappeur, Rilès imagine des challenges extrêmes, à la frontière entre sport, art et performance mentale.

Staci MacDonald
15 janv. 2026
Rêvant de percer aux États-Unis à l’instar de Kanye West ou Snoop Dogg, Rilès a commencé à écrire ses premiers morceaux en anglais, langue dans laquelle il se dit « plus à l’aise pour s’exprimer ». Autodidacte, il compose et produit seul ses chansons dans sa chambre et se fait remarquer avec son projet « Rilèsundayz » en 2016, où il sort un morceau par semaine pendant un an. Rilès gagne ainsi en visibilité, prouvant qu’il fonctionne par défi personnel.
Son premier défi : « Survival Run » – courir 24h sous pression
En février 2025, Rilès annonçait un challenge fou : courir pendant 24 heures sans jamais s’arrêter. Vêtu d’un maillot noir arborant l’inscription « Survival Mode » (en référence à son dernier album sorti en janvier), le rappeur s’est élancé sur un tapis de course, au cœur d'une arène en verre à l’espace Commines, dans le 3ᵉ arrondissement de Paris, pendant 24 heures consécutives.
Plus qu’un simple défi physique, il a couru avec, dans son dos, trois scies géantes en mouvement, métaphore des pressions sociales et personnelles qui poussent chacun à avancer malgré la fatigue et la douleur. Les efforts se font sentir : saignements de nez, vomissements, douleurs musculaires. Il ne s’accorde que des pauses express pour s’hydrater et satisfaire ses besoins, le tout sans jamais quitter le tapis, dissimulé derrière un drap noir tendu par son équipe.
À l’issue de la performance, fruit d’années d’entraînement, de soutien et d’un mental d’acier, le rappeur avait parcouru 200 km. Il enchaîne immédiatement avec le tournage du clip de son nouveau single Dead or Alive, sur place, au milieu de la foule.
Nouveau défi : « Je trempe ma main dans la peinture rouge. Je frappe la pochette. Je recommence. »
En octobre 2025, il se lance dans un autre marathon : dédicacer en continu. À l’occasion de la sortie de son nouvel album THE 25TH HOUR, le rappeur a signé d’une empreinte de sa main quelque 20 000 pochettes de vinyles lors d’un événement marathon d’une journée et d’une nuit, encore une fois retransmis en direct sur YouTube. La performance se déroule à la Ellia Art Gallery à Paris, transformée pour l’occasion en une sorte d’usine : bruits de machines diffusés sur haut-parleurs, membres du personnel s’activant vêtus de blouses blanches, lunettes de protection et masques. Rilès est assis sur un tabouret qu’il ne quittera pas pendant plus de 24 heures, face à un tapis roulant sur lequel défilent des pochettes vierges. De façon mécanique, il appose sa main recouverte de peinture écarlate sur les disques, rendant chaque pochette unique.
Encore une fois, la performance physique y est: « Pendant vingt-quatre heures, ou plus. Je ne dors pas. Je ne mange pas. Je répète jusqu’à l’épuisement. Chaque trace est brute », explique-t-il.
« À l’heure où l’intelligence artificielle floute les frontières du réel, je deviens la machine. Je transforme la répétition en rituel, l’épuisement en création. Je m’épuise pour exister », ajoute Rilès, faisant de son geste une déclaration face à une époque « où l'on remplace peu à peu l'homme » dans les processus créatifs.
Plus qu’un simple coup marketing, avec ces deux performances, Rilès donne corps à ses thèmes de prédilection : dépassement de soi, persévérance, survie. Il cherche à se challenger, repoussant ses limites et s’exprimant « par d’autres médiums que la musique », comme la peinture ou l’effort physique.
Source:
Nouveau défi fou de Rilès : l’artiste pose sa main imbibée de peinture sur des CD à la chaîne, sans s’arrêter pendant 24 heures: https://france3-regions.franceinfo.fr/normandie/seine-maritime/rouen/nouveau-defi-fou-de-riles-l-artiste-pose-sa-main-imbibee-de-peinture-sur-des-cd-a-la-chaine-sans-s-arreter-pendant-24-heures-3239002.html







