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Sophie Adenot, la deuxième femme astronaute française à aller dans l’espace

Trente ans après Claudie Haigneré, une Française s’apprête à marquer à nouveau l’histoire spatiale. À 43 ans, Sophie Adenot est devenue en 2026 la deuxième femme astronaute française à rejoindre la Station spatiale internationale (ISS). Une mission symbolique, mais surtout scientifique, humaine et technologique, qui s’annonce déjà hors normes par sa durée et son contexte.

ESA astronaut Sophie Adenot is photographed inside the Dragon spacecraft, Prise le 12 janvier 2026, Space X

Gabin Louguet

18 févr. 2026

Née en Bourgogne, Sophie Adenot suit une formation d’ingénieure à l’ISAE-SUPAERO de Toulouse, complétée par des études à Cambridge. Elle intègre ensuite l’Armée de l’air et de l’espace, où elle devient la première femme pilote d’essai d’hélicoptère en France. (à découvrir dans la deuxième vidéo plus bas)


Polyglotte, elle parle couramment anglais, allemand, espagnol et russe. Passionnée de sport, elle pratique le VTT, le ski, la plongée sous-marine et enseigne le yoga depuis 2020. Autant d’atouts précieux pour affronter les contraintes physiques et mentales d’une mission spatiale de longue durée.


Badge de la mission Epsilon ©CNES
Badge de la mission Epsilon ©CNES

Sélectionnée par l’Agence spatiale européenne (ESA) en 2022, Sophie Adenot s’est formée pendant près de trois ans au Centre européen des astronautes de Cologne. Et en avril 2024, elle y reçoit officiellement son brevet d’astronaute, avant d’être désignée un mois plus tard pour la mission Epsilon, prévue initialement pour six mois… et désormais prolongée jusqu’à neuf mois, une durée record pour un astronaute européen.



Début 2026, Le calendrier de la mission a été bouleversé. En effet, la NASA a annoncé le retour anticipé de l’équipage Crew-11 de l’ISS en raison d’un problème médical touchant l’un des astronautes. Une situation rare, qui a entraîné un retour de mission précipité.



Conséquence directe de cet événement : un possible avancement de la mission Epsilon de quelques jours. En effet, prévu mi-février, le décollage était désormais envisagé dès le 11 février 2026, à bord d’une capsule de SpaceX. Sophie Adenot a finalement embarqué ce vendredi 13 février aux côtés de deux astronautes américains, Jessica Meir et Jack Hathaway, ainsi que le cosmonaute russe Andrey Fedyaev.


La Française pourrait rester près de neuf mois en orbite, dépassant ainsi toutes les missions européennes précédentes sur l’ISS !


The four crew members representing NASA's SpaceX Crew-12 mission, 30 janvier 2026, credit: NASA/James Blair
The four crew members representing NASA's SpaceX Crew-12 mission, 30 janvier 2026, credit: NASA/James Blair

Dans un milieu longtemps dominé par les hommes, Sophie Adenot refuse que son parcours devienne une exception. « Les femmes représentent 50 % de la population. Il n’y a aucune raison qu’on ne soit pas astronaute ».


Elle rappelle que, tout au long de son parcours, elle n’a jamais ressenti de différence de traitement liée à son genre.


Les chiffres restent pourtant parlants : sur environ 600 astronautes ayant participé à des vols habités depuis le début de l’ère spatiale, seulement 12 % sont des femmes. À ce jour, 83 femmes ont voyagé dans l’espace, majoritairement américaines. La pionnière Valentina Terechkova demeure la seule à avoir effectué une mission spatiale en solitaire, en 1963.


Consciente de son rôle de modèle, Sophie Adenot encourage les jeunes filles à croire en leurs ambitions scientifiques. Elle a d’ailleurs échangé à plusieurs reprises avec Claudie Haigneré durant sa préparation, symbole d’une transmission entre générations.




Mère d’un garçon d’une douzaine d’années, Sophie Adenot revendique aussi la possibilité de concilier vie familiale et carrière spatiale. « Tous les membres de l’équipage ont des enfants », explique-t-elle. Grâce aux moyens de communication modernes, les contacts avec les proches sont réguliers, même depuis l’ISS. Les familles des astronautes sont également mises en relation afin de créer un réseau de soutien mutuel pendant les missions.


À bord de l’ISS, le quotidien de Sophie Adenot sera rythmé par des expériences scientifiques, des opérations de maintenance, des travaux de robotique et, peut-être, des sorties extravéhiculaires, pour lesquelles elle a été formée.


Parmi les projets majeurs figure le test d’un système d’échographie assisté par réalité augmentée et intelligence artificielle pour pouvoir réaliser des examens médicaux à distance. Une innovation qui pourrait avoir des applications concrètes sur Terre, notamment dans les déserts médicaux et les zones isolées.




Comme le veut la tradition, Sophie Adenot a planté un arbre à Cologne avant son départ. Un geste simple mais chargé de sens : « Se souvenir d’où l’on vient et de ce que nous avons la responsabilité de protéger ».


Dans quelques semaines, la France retrouvera une femme en orbite. Et avec elle, une nouvelle manière de regarder l’espace… et la Terre.


BONUS : Visiter la station spatiale internationale en 360° : https://maps.app.goo.gl/zv26tiTZk8zh5Gdu7 


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