Zaha Hadid n’était pas une architecte comme les autres. Née en 1950 à Bagdad, en Irak, elle a grandi dans une famille curieuse de tout, où l’art et la culture occupaient une place importante.
Très tôt, elle a montré un caractère bien trempé et une imagination débordante...

Sarra Hedfi
14 oct. 2025
Zaha Hadid n’était pas une architecte comme les autres. Née en 1950 à Bagdad, en Irak, elle a grandi dans une famille curieuse de tout, où l’art et la culture occupaient une place importante. Très tôt, elle a montré un caractère bien trempé et une imagination débordante. Elle fait ses études entre la Suisse et le Liban, où elle commence par des mathématiques avant de se passionner pour l’architecture. En 1972, elle s’installe à Londres pour intégrer l’Architectural Association School of Architecture, un lieu qui façonnera ses idées et où elle rencontre des mentors importants comme Rem Koolhaas (architecte, théoricien de l'architecture et urbaniste néerlandais).

Très vite, Zaha Hadid dessine des formes inédites, rompant avec la rigueur et la simplicité du modernisme classique. Entre angles vifs et courbes dynamiques, ses projets sont étonnants et presque futuristes. Mais ces idées novatrices ont longtemps été jugées trop audacieuses, voire impossibles à construire. On la surnommait même « l’architecte du papier » car ses dessins semblaient parfois trop avant-gardistes pour devenir réalité.

Il faudra attendre 1993 pour voir sortir de terre son premier bâtiment : la caserne de pompiers de Vitra, en Allemagne. Un édifice en béton brut, aux formes anguleuses et scindées, qui annonçait déjà la rupture qu’elle voulait imposer dans le monde de l’architecture. Malgré cette réussite, elle a souvent dû affronter le scepticisme, notamment face à ceux qui critiquaient son refus du conventionnel.

Mais son talent et sa persévérance sont récompensés en 2004, quand elle devient la première femme à recevoir le prix Pritzker, considéré comme le Nobel de l’architecture.

Dès lors, sa renommée explose. Ses œuvres
s’installent sur tous les continents : le musée MAXXI à Rome, le Centre Heydar Aliyev à Bakou, l’opéra de Canton en Chine, la tour CMA-CGM à Marseille, pour n’en citer que quelques-unes. Chacune d’elles porte sa signature : une architecture fluide, presque organique, qui donne vie à l’espace et repousse les limites du possible.

Zaha Hadid était aussi une pionnière dans l’usage de l’informatique pour donner vie à ses projets. Ce mariage entre art, technologie et audace a inspiré toute une génération d’architectes à oser.
Mais ce qui la distingue principalement, c’est son courage dans un domaine longtemps dominé par les hommes. En femme libre et indépendante, elle a brisé les plafonds de verre sans jamais renoncer, ni s’excuser d’être elle-même. Elle portait une voix forte et une vision claire, qui continuent de résonner même après son départ en 2016, à Miami, à l’âge de 65 ans.

Aujourd’hui, son agence, Zaha Hadid Architects, perpétue son héritage et continue de façonner nos villes avec la même inventivité et audace. Zaha Hadid n’a pas seulement construit des bâtiments; elle a construit un nouveau regard sur l’architecture, libérant la créativité et le rêve dans la pierre et le béton.







